SHE-CEO LEADERSHIP BOOTCAMP : Des femmes entrepreneures de 24 pays connectées

Connecter les femmes entrepreneures aux marchés, aux capitaux et aux décideurs : telle est l’ambition du She-CEO Leadership Bootcamp, dont la quatrième édition se tient actuellement au Maritim Resort & Spa Mauritius, à Turtle Bay, Balaclava. Cet événement international réunit des participantes de 24 pays autour du leadership, des partenariats d’affaires et des opportunités d’investissement.
C’est après avoir participé à l’édition de Dubaï, en 2025, que Rebeka Marthe, directrice nationale de la Female Founders Initiative Global à Maurice, a décidé d’organiser le bootcamp dans l’île. Qualifiant cette expérience de « grand succès », elle a souhaité permettre aux entrepreneures mauriciennes de bénéficier de ce réseau international. Des participantes venues de 24 pays, dont les États-Unis, l’Australie, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, sont attendues pour les deux journées de rencontres. Une délégation pakistanaise a toutefois dû renoncer au déplacement.
Le vice-président de la République, Robert Hungley, procèdera à l’ouverture de l’événement. La Deputy Prime Minister et ministre de l’Égalité des genres, Arianne Navarre-Marie, est, pour sa part, attendue ce 23 octobre, aux côtés d’autres membres du gouvernement. Au programme figurent notamment une conférence sur le leadership, le gala « 50 Under 50 » et une expérience destinée à faire découvrir Maurice aux participantes.
Fondée à Dubaï par Rosheen Ngorima, la Female Founders Initiative Global est aujourd’hui présente dans plus de 35 pays. Sa mission est de connecter les femmes entrepreneures aux capitaux, mais surtout aux marchés. Pour sa fondatrice, la visibilité ne suffit pas : elle doit se traduire par des ventes, des partenariats et de véritables débouchés commerciaux. Initialement centrée sur le Moyen-Orient et l’Afrique, l’organisation a élargi son champ d’action à l’échelle mondiale. Sous l’appellation « Global », elle entend fédérer les femmes entrepreneures autour d’un objectif commun : renforcer leur accès aux ressources et aux opportunités nécessaires au développement de leurs entreprises.
« Les femmes ont besoin d’argent », a affirmé Rosheen Ngorima, déplorant que cette question reste encore trop peu abordée, notamment dans des contextes où les femmes sont toujours cantonnées aux rôles traditionnels de la cuisine et de la chambre. Sa mission consiste à « ouvrir des portes » et à faciliter les liens entre les entrepreneures et les sources de financement. Elle s’appesantit toutefois sur un point essentiel : obtenir des financements ne suffit pas si les entreprises n’ont pas accès aux marchés.
Après des éditions organisées à Dubaï en 2023, au Qatar en 2024 et de nouveau à Dubaï en 2025, le She-CEO Leadership Bootcamp fait ainsi escale à Maurice. Au-delà des rencontres professionnelles, l’initiative vise à bâtir un réseau fondé sur la solidarité et l’entraide. « Nous ne construisons pas seulement des entreprises, nous construisons aussi une sororité », souligne Rosheen Ngorima.
Elle évoque notamment ses échanges avec une entrepreneure de Trinité-et-Tobago, amorcés avant même l’ouverture du bootcamp. Les liens tissés au sein de ce réseau peuvent également déboucher sur des collaborations concrètes. Lorsqu’elle a besoin de services juridiques, par exemple, elle privilégie une avocate issue de ce réseau. « La prochaine personne que vous rencontrez peut être votre investisseuse ou votre cliente », affirme-t-elle.
L’édition mauricienne revêt une importance particulière aux yeux de la fondatrice en raison de l’implication des pouvoirs publics, rendue possible grâce aux démarches de Rebeka Marthe. L’objectif est double : sensibiliser les décideurs aux difficultés rencontrées par les entrepreneures et permettre aux participantes de mieux comprendre les conditions d’investissement à Maurice. Selon Rosheen Ngorima, plusieurs déléguées ont déjà manifesté leur intérêt pour y enregistrer une entreprise. Leur participation au bootcamp devrait également leur permettre de mieux connaître le pays et de relayer les possibilités qu’il offre dans leurs marchés respectifs.
La fondatrice relativise par ailleurs l’absence de la délégation pakistanaise, qui n’a pu faire le déplacement. « Ce n’est pas une catastrophe », a-t-elle déclaré, estimant que la participation de représentantes de 24 pays constituait déjà un résultat très satisfaisant.
De son côté, Rebeka Marthe a lancé un appel aux entrepreneures mauriciennes, les invitant à croire en leur potentiel. Revenant sur sa participation au bootcamp de Dubaï, elle a expliqué qu’elle ne s’y était pas rendue pour décrocher un certificat ou un trophée, mais pour démontrer que les femmes mauriciennes peuvent réussir malgré les obstacles. Malgré les épreuves personnelles, notamment une crise cardiaque, elle affirme poursuivre le développement de son entreprise. En accueillant le She-CEO Leadership Bootcamp à Maurice, elle souhaite également fédérer les entrepreneures locales autour d’une vision commune, raffermir les liens de solidarité et multiplier les opportunités d’affaires.